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La fortification au Moyen-Âge

 
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Arvan
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MessagePosté le: 2012-01-17, 17:01    Sujet du message: La fortification au Moyen-Âge Répondre en citant

La fortification au Moyen-Âge




Introduction

Décrire totalement la fortification au Moyen-Âge est une tâche complexe et longue qui n'est pas l'objet de cet article, qui vient en complément de ceux déjà publiés sur ce forum.
Je ne serais pas exhaustif ici (un site entier ne suffirait pas à traiter le sujet), et je ne donne qu'un seul exemple, volontairement. Les curieux pourront à loisir faire leurs propres recherches !

Je parlerais ici de la fonction de la fortification, de ses origines, puis de son évolution.

Les mots suivis d'une astérisque sont définis dans le lexique.


Fonction

La fonction de la fortification est de protéger une population des agressions d'une autre population ou des animaux.
C'est d'ailleurs pour se protéger des animaux que semblent avoir été construites les premières fortifications de l'Humanité.
Cependant, dès la Préhistoire, l'Homme a senti le besoin de se préserver de ses semblables, et a donc déployé les moyens de se protéger d'agresseurs autrement plus intelligents que des grands prédateurs.
Des palissades de bois aux villes grecques et romaines, en passant par les cités sumériennes et mésopotamiennes, il nous parvient encore des vestiges de ces protections.
Toujours est-il que la fortification consiste en l'utilisation de moyens techniques obstructifs pour empêcher l'accès aux indésirables à une zone définie.


Origines

L'empire romain ne s'est pas effondré comme un immeuble ou une montagne, d'un coup, comme ça. C'est un processus lent et plus ou moins diffus.

Certains peuples, tels les Wisigoths, cherchent auprès de cet empire renommé pour sa puissance tant militaire qu'économique, un asile qui leur sera accordé.
D'autres sont vaincus et installés dans certaines partie de l'Empire (Burgondes, Francs).

Cependant, l'Empire ne connait pas que des périodes fastes, et doit faire face à des crises économiques, politiques et militaires qui conduiront à sa perte en tant qu'État uni.
De plus, les « invasions » et pillages de peuples « barbares » (Salaces, Vandales, Huns, Burgondes, Francs, Alamans, Goths...) mettent un coup définitif à la Rome antique et toute puissante.
C'est dans ce contexte que la nécessité de fortifications rapidement construites ou réorganisées nait.
À cause des pillages et des morts occasionnées, la population « romaine » baisse et se resserre dans des villes plus petites qu'il faut fortifier parfois à la va-vite pour arrêter les agresseurs.
On n'hésite pas à démonter des monument et les fortifications déjà présentes pour en construire de nouvelles, plus resserrées, donc plus facile à tenir.
Les villae (domaines agricoles) suivent le même chemin, et deviendront ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de château-fort.

Mais ce n'est pas la seule origine du château-fort.
Les établissement des peuples venus se réfugier ou « invités » dans l'Empire doivent aussi se protéger des vagues suivantes d'incursions et de pillages. Ne connaissant apparemment pas ou peu la construction en pierre, ils opterons pour un type de fortification qui deviendra la motte castrale.


Évolution

Il est indéniable que l'histoire de la fortification et celle de l'artillerie sont indissociables. Elles le sont tellement que les grecs utilisaient le mot poliorketikos pour parler de l'ensemble des moyens et techniques mis en œuvre pour attaquer ou défendre une place forte. On dit aujourd'hui poliorcétique.

Après l'effondrement de l'empire romain, on n'utilise plus d'engins de guerre, à part l'échelle, le bélier, le chat ou le beffroi. Ces deux derniers avaient besoin d'un terrain plat, sec et solide pour se déplacer, et leur conception (notamment celle du beffroi) nécessitait de bons charpentiers.
Les autres engins connus des romains et des grecs, du type scorpion et catapulte, demandaient bien plus que de bons charpentiers, et, étant déjà relativement rares dans l'Antiquité, ils se raréfient encore plus.
La fortification de cette période doit pouvoir tenir l'ennemi à l'extérieur, permettant aux défenseurs d'attendre des renfort ou d'organiser une sortie. Elle se différencie dans les matériaux mis en œuvre pour la construction selon les besoins défensifs, et selon la disponibilité de ces matériaux.
Dans le cas des château-forts, la population alentours doit pouvoir y trouver refuge en cas de nécessité.
Les normands n'utilisant pas d'engins de siège et leurs incursions ayant été soudaines, la motte castrale (essentiellement construite en bois) s'impose dans leurs zones de raids ; quelques mois suffisaient à construire ces ouvrages.
Cependant, la vulnérabilité au feu et aux engins fait que la fortification de pierre se généralise au XIIème siècle.

De plus, l'effritement de l'empire carolingien multiplie le nombre de seigneurs ; ces derniers transmettant leurs terres et pouvoirs de manière héréditaire.
Cette multiplication des domaines conduit nécessairement à des conflits d'intérêts territoriaux et familiaux, qui, faute de pouvoir central pouvant départager les adversaires, se soldent par des guerres seigneuriales. Chaque seigneur a donc besoin de se préserver de son voisin.

Jusqu'au XIIIeme siècle, on parle de défense passive.
Pas de meurtrières, crénelage dans l'alignement des courtines* permettant de tirer sur des assaillants sans qu'ils soient au pied du mur (ou alors, en se penchant par dessus le parapet*), ponts-levis rares (systèmes de levages du tablier par treuils, donc lent).

Mais, avec l'évolution des engins et techniques de siège, la fortification va changer. On passe alors à la défense active.
Les hourds et les meurtrières font leur apparition, permettant aux défenseurs d'être mieux protégés lors des assauts.
La meurtrière, fente de cinq à dix centimètres de large à forte embrasure sur l'intérieur de la place, permet de tirer des traits sans se mettre en danger.
Le hourd, quant à lui est une structure de bois montée au sommet des tours et des courtines*, par dessus le parapet* et en dévers sur l'extérieur de la place. Il forme une galerie extérieure où les défenseurs peuvent se poster et se déplacer.

Code:


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* = mur en pierre ;
+, |, - = structures en bois ;
+++ = toiture (en bois) ;
|| = poteau.

Des ouvertures sont laissées dans le flanc et dans le sol des hourds pour permettre le tir ; il est impossible pour les assaillants de chercher refuge au pied du mur.
Cependant, ce sont des structures de bois ; elles sont vulnérables au feu...

Au cours du XIVème siècle, les mâchicoulis font leur apparition. Il s'agit de l'équivalent en pierre des hourds.
Au même siècle, l'émergence d'une artillerie à poudre relativement efficace, va conduire les architectes castraux à munir les places qu'ils construisent ou modifient de canonnières.
Ces canonnières sont souvent aménagées en bas des meurtrières, et de taille réduite. Les pièces d'artillerie alors employées dans les fortifications servaient à abattre les assaillants ou détruire les engins et l'artillerie de siège, et n'avaient pas à être aussi imposantes que celles utilisées pour détruire des murs.
Il est amusant de constater que beaucoup de ces canonnières ne permettaient pas de tirer dans la tête (tuant à coup sûr), mais dans les jambes, avec une préférence pour les genoux (je vous laisse deviner pourquoi, et cite à titre d'exemple le château de Miolans).
C'est également au cours du XIVème siècle que l'on voit se moderniser les systèmes de défense des portes.
Tours, fossés* et douves*, portes de dix centimètres d'épaisseur renforcées de barres de fer et de myriades de clous à grosse tête, herses, ponts-levis à contrepoids, mâchicoulis, assommoirs*, gonds posés à l'envers pour éviter aux portes d'être dégondées, etc. sont agencés si bien, que, plutôt que d'essayer de prendre la porte de la place, il est bientôt plus facile d'en faire une nouvelle dans une courtine*.

Autant à partir de la généralisation de la fortification en pierre, on essaye de faire les tours et les courtines* les plus hautes possibles pour pouvoir voir et tirer le plus loin possible, autant, à la fin du XVème siècle, on commence à rabaisser la hauteur des ouvrages à cause de l'emploi de plus en plus massif de l'artillerie à poudre et de son amélioration.

L'arsenal défensif ne se limite pas aux quelques éléments que j'ai cités plus haut. Il faut rajouter tous les autres moyens mis en place par l'ingéniosité des bâtisseurs.
Escaliers en colimaçon : ne permettent pas une montée (ou descente) rapide et aisée avec une armure à cause de la forme triangulaire des marches.
Hautes marches d'escalier : fatiguent plus vite, et peuvent empêcher certains combattants équipés d'armures peu mobiles aux articulations de les emprunter.
Marche de quelques centimètres au milieu d'un couloir sombre : croc-en-jambe architectural et gamelle assurée !
Portes de 1,40m avec un seuil surélevé : besoin de se pencher pour passer le linteau et d'enjamber le seuil. Déjà pas pratique en vêtements civils, alors avec une armure de quelques dizaines de kilos...
Meurtrières et/ou canonnières cachées derrière un retour de mur, une tourelle : surprise !
Etc...

Outre la fonction purement militaire du château-fort, sa fonction sociale est à prendre en compte.
Comment montrer que l'on est un seigneur puissant ? En construisant une demeure vaste et imposante, ainsi que bien défendue et imprenable par la force.


Conclusion

La fortification médiévale répond d'abord à des besoins territoriaux face à des raids de pillards (normands) ou des guerres entre seigneurs de plus en plus nombreux.
Elle est aussi le signe de la richesse et de la puissance d'une cité ou d'un seigneur. Plus la place a de tours, meurtrières, canonnières, fossés*, pièges, chausse-trappes, plus le seigneur est riche et puissant.
Elle évolue conjointement aux machines et tactiques de sièges ; chaque fois qu'une technique de fortification pouvant résister aux engins est inventée, on conçoit un machine capable de la détruire.


Lexique

Assommoirs : ouvertures dans les voûtes et planchers permettant de tirer ou de jeter des objets sur les assaillants depuis le dessus.
Courtine : mur reliant deux tours.
Douves : fossés inondés.
Fossé : excavation plus ou moins profonde du sol pour empêcher le passage.
Parapet : murs construits sur les côtés d'une plateforme d'une tour ou d'un chemin de ronde pour empêcher les chutes.


Bibliographie
« Dictionnaire raisonné de l'architecture », versions expurgée et complétée, et non-expurgée, par Eugène Viollet le Duc.
La collection des éditions Publitoral sur le château-fort en France au Moyen-Âge (ceux-là, si vous les trouvez...).
« Pieres fortes de Savoie », édité par la FACIM.
Mes cours de fac en Histoire des Arts.
Ceux de la formation de Guide Conférencier et ceux de Guide du Patrimoine des Pays de Savoie.
Une quantité inconnue d'autres ouvrages de bibliothèques, d'amis et d'articles divers et variés.
Ma propre expérience de visiteur (et de guide pour certains sites) à Lourmarin, La Barben, York, Durham, Newcastle, L'Esseilon, Saint-Gobain, Miolans, Aigues-Mortes, Concarneau, Bressieux...
_________________
... Jehan prit alors l'oeil de la wouivre, car il savait qu'avec ce joyau, il pourrait faire de grandes choses. Mais le monstrueux serpent l'avait senti, à défaut de le voir, et sortit du lac d'un bond. Jehan couru droit dans la pente, la wouivre derrière lui...
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